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À travers un exemple réel, Philippe LOOTEN nous démontre les dangers que, quelques irresponsables, attirés par le clinquant à moins que cela ne soit par l'appât du gain, font courir aux vrais collectionneurs qui constituent, il est vrai, la grande majorité des propriétaires de véhicules anciens.
Comme vous l'avez appris, il faut maintenant que nos véhicules soient munis d'une carte d'identité F.I.V.A. pour participer à un rallye international. Cette carte, comme vous l'avez appris aussi, n'est délivrée qu'après un contrôle, particulièrement en ce qui concerne l'authenticité du véhicule.
Ce sera " à prendre ou à laisser " car ces rallyes ne pourront exister que sous l'égide de la F.I.V.A. ou de la F.I.A.
Beaucoup d'entre nous considèrent que cette course à l'authenticité n'est pas justifiée… parce que, après tout disent-ils, ce qu'il faut c'est prendre du plaisir en conduisant nos voitures anciennes. Disant cela, ils oublient qu'il y a des lois et, en supposant même que l'on partage leur opinion, il est impossible de considérer pouvoir leur donner satisfaction.
En effet, n'oubliez pas que pour être éligible à la F.I.V.A. ou à la F.F.V.E., un véhicule doit avoir au moins 20 (pour la F.I.V.A.) ou 25 ans d'âge (pour la F.F.V.E. : règlement français). En d'autres termes, les répliques construites il y a 5 ou 10 ans ne peuvent être admises ni par l'un, ni par l'autre organisme. Il arrive que ces véhicules le soient néanmoins parce que la carte grise est fausse et que la personne qui a délivré la carte d'identité F.I.V.A. s'est laissé abuser... mais cela n'aura qu'un temps et, en tout état de cause, un président de club multimarques ou de marque ne peut pas s'engager pour lui comme pour son club à délivrer une carte d'identité qui précise que le véhicule a ou plus de 20 ans, ou plus de 25 ans d'âge, s'il sait qu'il a été fabriqué il y a 5 ou 10 ans. C'est un risque qu'il est difficile de prendre.
En plus de cela, il y a l'escroquerie !... Il faut bien utiliser ce terme désagréable certes mais néanmoins précis. Voici une histoire :
Une DELAHAYE de tourisme (berline ou coach ? ... ) de facture banale fut détruite voici une dizaine d'années et sur son châssis (après l'avoir coupé et ressoudé) on a construit une carrosserie de course. Le Club DELAHAYE, au courant de cette mésaventure, prit contact avec son propriétaire qui affirma qu'il ne voulait que prendre son plaisir avec l'objet mais qu'en aucun cas il ne voulait qu'on puisse penser que sa voiture allait un jour être considérée comme une vraie DELAHAYE de course, à tel point, disait-il, qu'il allait faire écrire sur la carrosserie le mot " reconstruction " .... Nous eûmes beau attirer son attention sur le fait que ce mot avait une signification bien précise dans la langue française et qu'il ne correspondait pas du tout à la construction qu'il avait effectuée, rien n'y fit. J'ose espérer que ce monsieur prit son plaisir. Quelques dix ans plus tard, un autre monsieur prit contact avec le Club DELAHAYE pour demander si le registre avait des informations concernant la voiture en question. Ce monsieur, tout emballé et joyeux, affirmait qu'il avait une vraie DELAHAYE de course mais que cette dernière n'avait aucun palmarès... Devant, l'étonnement de son interlocuteur, il raconta que cette vraie DELAHAYE de course, construite en 1937, avait, lors de ses essais avant toute compétition, brûlé sur le circuit du Mans, en dehors d'une course, bien entendu. Détruite, elle l'était restée... pendant 30 ou 40 ans puis fut enfin reconstruite.
C'était celle-là
Entre une vraie DELAHAYE de course et une copie - on a vu la vente d'Hervé POULAIN dernièrement - il peut y avoir une différence variant entre 1 et 1,5 million de francs.
N'y a-t-il pas là justification à vouloir faire attention à l'authenticité ?
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