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UTILITAIRES ? VOUS AVEZ DIT UTILITAIRES ?? Dans le numéro 3 de la lettre de la FFVE, A. QUEMENEUR nous avait raconté comment on devient propriétaire puis collectionneur de véhicules militaires. Il nous a semblé intéressant de poursuivre l'exercice avec le matériel utilitaire au sens large du terme. Comment peut-on acquérir, restaurer, rouler, enfin remiser des engins dont certains pèsent plusieurs dizaines de tonnes. Etrange passion pour nous autres collectionneurs de véhicules de tourisme. Et pourtant à la lecture de cet article, vous constaterez que l'amour que leurs propriétaires portent à leurs machines est aussi démesuré que les machines elles-mêmes.
Collectionner des camions, des utilitaires ou des machines agricoles a semblé pendant longtemps une bien étrange idée. C'est encombrant, c'est sale, c'est laid, cela n'a pas fait l'histoire entend-on dire. Il y avait bien de ci de là quelques enragés qui, au fond de granges cachées sur la lande, enfouissaient leurs trésors, mais il leur semblait qu'il valait mieux se taire que d'en faire état. A l'origine deux, nous disons bien deux et pas trois ou quatre, deux personnes donc ont chacune fait bouger les choses. Paul BERLIET en créant la fondation Marius BERLIET et Jean-Claude ACCIO avec le musée de PONTLEVOY. Le premier a apporté son prestige et son autorité et le dynamisme communicateur de mademoiselle CHAPELLE à qui rien ni personne ne saurait résister, le second sa passion immense et sa capacité à réunir autour de lui le monde du transport dont il est issu. Tous les autres se sont ordonnés autour d'eux et jetés avec foi dans le mouvement ainsi créé, mais eux seuls ont donné l'impulsion de départ. A partir de là, les choses ont été vite, tant de gens n'attendaient que ce signal, mais encore fallait-il qu'il fût donné. En quelques mois on vit affluer les camions, on les vit s'ébrouer, reprendre la route - le premier rallye à les avoir accueillis fut le Tour de Bretagne où traçaient à nouveau leurs sillons. Un mensuel se créa pour recueillir leur histoire, la fête de la locomotion s'organisa, première manifestation "multi- culturelle" roulante, même s'il ne faut pas oublier RÉTROMOBILE qui accueillit toujours les utilitaires, mais dont le cadre ne permet pas les démonstrations dynamiques indispensables pour faire revivre une batteuse ou un Willème. On vit même un camion classé à l'inventaire du patrimoine.
La Fédération Française des Véhicules d'époque n'est bien entendu pas restée à l'écart, trop attentive qu'elle est à tout ce qui touche le monde de la collection mécanique. Le Président a tout de suite voulu créer en son sein une commission spécialisée chargée de suivre cette question et celle des véhicules militaires qui, les premiers, se sont regroupés en clubs bien organisés. Le travail réalisé par la F.F.V.E. a permis de grandes avancées, la dernière en date étant la suppression de la taxe parafiscale pour les camions admis à circuler en collection, ce qui allège de beaucoup la " petite " facture à payer car rouler en ancien coûte cher. Ce bilan semble une fanfare, n'est-il pas trop beau ? Comment ne pas se satisfaire de devoir constater qu'en moins de dix ans, tous ces mal-aimés ont conquis le droit de cité dans la grande histoire de l'automobile, que ces humbles et obscurs ont droit à la grande lumière comme la première BUGATTI venue, qu'à RÉTROMOBILE un grand constructeur choisit de sortir de son centre d'essais un tracteur pour y être représenté et que celui-ci fût une des attractions majeures de la manifestation.
Qui pourra encore prétendre que les camions, les utilitaires, les tracteurs sont toujours les laissés pour compte qu'ils furent. Non, personne; en vérité disons même que cette réussite fait envie à voir.
Mais maintenant que faut-il faire ? Il est souhaitable que, comme pour l'automobile, se créent de nombreux clubs de marque et multimarques, afin que chacun où qu'il se trouve puisse, par la réunion des efforts et des connaissances, trouver aides et conseils et que leurs élus viennent renforcer le potentiel de la F.F.V.E. il faudra aussi se pencher sur le problème souvent difficile en ville du remisage de ces véhicules et que soient étudiées les conditions de leur circulation sur route publique en plaques " collection ". Il conviendra également de réfléchir à une classification des utilitaires car tous ne pourront être conservés, ne serait-ce que pour une question de place et hélas de fatigue des matériaux.
De toutes ces questions la commission utilitaire de la F.F.V.E. aura à débattre, ses propositions seront écoutées et entendues par le conseil d'administration fédéral et le Président, mais aussi par la F.I.V.A. puisque la catégorie de véhicules y est représentée, ce qui est déterminant au moment où, qu'on le veuille ou non, toutes les questions touchant à l'automobile ancienne vont " s'Européaniser " comme l'a tant, à propos, rappelé le Président GUASTI à la dernière Assemblée Générale à PARIS. Il y a donc beaucoup de travail à faire dans vos clubs, ne serait-ce qu'à commencer... par les créer, à la commission fédérale, en conseil, mais aussi beaucoup de satisfaction à en attendre, car pour être jeune, le mouvement en faveur de la conservation des camions et tracteurs a déjà amplement montré que la valeur n'attend pas le nombre des années.
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